Cercle de réflexion théologique sur le thème « Évangélisation et pauvreté au Cameroun »
Le 18 janvier dernier s’est tenu le premier Cercle de Réflexion Théologique (CERETH) pour l’année académique 2025-2026, sur le thème Évangélisation et Pauvreté au Cameroun. Avant le début de l’exposé, il était question de faire une présentation de l’argumentaire tout en posant la justification du choix du thème. La réflexion s’inspire d’un constat général sur la sphère nationale, avec le climat post électoral récent, qui, au travers des actes de vandalisme, a mieux exposé la précarité structurelle du territoire. Elle s’est également inspirée de l’exhortation apostolique Dilexi Te du pape Léon XIV pour déceler en cette histoire de l’humanité un lieu théologique inspirateur d’une nouvelle réflexion théologique.
Dans l’esprit du message du Pape Léon XIV pour la neuvième journée mondiale des pauvres, célébrée le 16 Novembre 2025, la première partie a consisté, par une méthode empirico-déductive, à faire une analyse socio-anthropologique du phénomène de la pauvreté dans le paysage national. Ainsi, il a été question de présenter les différentes formes de pauvreté : sur les plans éducatif, sanitaire, anthropologique, culturel, économique. De ceci, il ressort que la pauvreté dans le contexte national est surtout structurelle puisqu’elle englobe plusieurs dimensions et sphères de la vie.

La deuxième partie qui a décliné l’axe biblico-théologique s’est faite en deux moments. La première section qui était axée sur l’aspect biblique de la pauvreté, situe son point de départ sur la souffrance des fils de Jacob en Egypte (cf. Ex 3, 7-10). Dieu ne reste pas indifférent à la misère de son peuple qu’il sauve par la main de Moïse. Tout au long de la tradition vétérotestamentaire, ce phénomène va s’observer durant la période des prophètes et des rois, jusqu’à la venue du Sauveur. De fait, la venue du Messie dans un contexte de pauvreté montre que Dieu reste attentif aux faibles et aux exclus. Toutefois, avec l’inauguration du règne de Dieu, la perspective est renversée, le pauvre est clairement vu comme celui qui n’a que Dieu. Cette vision va marquer la période apostolique et même patristique.
La deuxième section de cet axe biblico-théologique a fait une topique historique de l’intervention du Magistère de Rerum Novarum à Dilexi Te. En affirmant la dignité indéniable de la personne humaine, il en ressort que, depuis Léon XIII jusqu’à ce jour avec Léon XIV, l’Église a toujours réagi sur la question sociale lorsque la dignité de la personne est bafouée, et dont la banalisation constitue le point de départ de la pauvreté humaine.
La dernière partie de la réflexion consistait à présenter la contribution de l’Église dans l’éradication du phénomène de la pauvreté au Cameroun. La présentation ici s’est structurée sur plusieurs aspects. De fait, le présentateur a commencé par montrer les différents plaidoyers du Magistère local pour un développement humain intégral. Par la suite, il était question de structurer les apports divers que propose l’Église sur le plan de la santé, de l’éducation, de l’accompagnement humain et bien d’autres. C’est ainsi qu’il a souligné les différentes actions de l’Église à travers la Caritas nationale. Il a également souligné quelques œuvres caritatives qui se font dans l’Archidiocèse de Douala pour les migrants et dans les diocèses de Ngaoundéré sur le plan sanitaire et de Batouri sur le plan éducatif.
