RETOUR SUR LA RETRAITE DE DÉBUT D’ANNÉE
Au Grand Séminaire Saint Paul VI Théologat de Douala-Nkong-Bodol, c’est une tradition de commencer l’année académique par une retraite spirituelle qui est l’occasion non seulement de confier l’année académique au Seigneur, mais aussi et surtout de se couper de l’activisme des vacances pour se recentrer sur ce qu’il y a de plus essentiel dans l’étape de la configuration au Christ que constitue le théologat. De ce fait, l’année académique 2025-2026 qui a commencé le mardi 7 octobre dès 17h30 s’ouvre par cette vieille tradition qu’est la retraite spirituelle. Le thème retenu par le conseil des formateurs est le suivant : « Allez dans le monde entier et proclamez l’évangile à toute la création » (Mc 16,15) : la dynamique missionnaire intrinsèque au sacrement de l’ordre : l’identité missionnaire du prêtre dans l’Église. Pour l’animer, le choix des formateurs permanents s’est porté sur le Père Colbert WAYANG, Missionnaire Oblat de Marie Immaculée et curé de la Paroisse Christ Sauveur de Banguè dans l’Archidiocèse de Douala. Tout au long De la retraite ponctuée par Liturgie des Heures, le salut au Saint Sacrement, la prière du rosaire, les célébrations eucharistiques, les confessions individuelles et les entretiens spirituels, le prédicateur de cette retraite a spirituellement nourri la centaine de séminaristes que compte notre théologat. Le présent article reprend les grandes lignes de ses différents entretiens.

Dès la mise en route qui a eu lieu le mercredi 8 octobre à 21h00, le Père Colbert, en dévoilant le thème, a pris soin de souligner que la retraite n’est pas un ensemble de conférences, mais une expérience spirituelle de rencontre avec Dieu. Elle vise à conduire le séminariste, futur prêtre, à la conversion du cœur. De ce fait, le désert devient la métaphore du dépouillement et du silence nécessaires pour écouter la voix du Seigneur. Il présente ce désert comme un lieu d’épreuve et de grâce, où tombent les masques, où naît l’homme nouveau. Dans ce lieu, le retraitant vit trois expériences fondamentales : l’expérience de la nudité et de la solitude face à soi et à Dieu ; l’expérience de Dieu qui parle dans le silence et nourrit par sa Parole ; et enfin l’expérience de communion fraternelle, car Dieu se révèle aussi à travers le frère. Ainsi, La communauté de retraite devient alors un espace de charité, d’écoute et de présence mutuelle, où le frère devient un signe vivant du Christ.
« Identité et dynamisme missionnaire du prêtre dans l’Église », tel est le thème qui résume les deux entretiens du premier jour de la retraite. Le prédicateur fait remarquer que le prêtre participe à la mission du Christ par le sacrement de l’Ordre, dans une triple dimension : pneumatologique, christologique et ecclésiologique. Il agit in persona Christi Capitis, représentant le Christ Tête et Pasteur au service du peuple de Dieu. Ainsi, le sacerdoce ministériel qu’il distingue du sacerdoce commun, est un service d’amour au sein du Peuple de Dieu. Le prêtre est ministre du salut, instrument de grâce et serviteur de la communion. En partageant son expérience missionnaire au Tchad, le Père Colbert rappelle combien l’unité de vie est essentielle. L’unité de vie du prêtre, entre action et contemplation, est vitale. Sans vie intérieure, le ministère devient activisme. L’adoration eucharistique et la prière assurent cette cohérence. La fidélité à la discipline ecclésiastique, notamment le célibat sacerdotal, est signe d’un don total au Christ. Le pape François livrant son message à l’occasion de la 97ème journée mondiale des missions, résume cet esprit missionnaire par le thème : « Des cœurs brûlants, des pieds en marche », symbole de conversion et de zèle apostolique.
Par ailleurs, le prédicateur a ouvert l’entretien de la deuxième matinée en abordant « le Fondement théologique et christologique de la mission du prêtre ». Dans cet échange, le prédicateur affirme que le sacrement de l’Ordre s’inscrit dans l’économie du salut : il accomplit le sacerdoce de l’Ancienne Alliance dans le sacerdoce unique du Christ, Médiateur entre Dieu et les hommes. Le prêtre agit au nom du Christ et de l’Église, configuré au Christ Prêtre, Prophète et Roi. Son ministère rend présent le Christ serviteur dans le monde. L’ordination imprime un caractère indélébile, marquant une configuration permanente au Christ. Cependant, il n’est toujours aisé pour le missionnaire d’aujourd’hui de rester focalisé sur sa mission. C’est la raison pour laquelle le Père Colbert a trouvé judicieux d’aborder également la question de la « crise d’identité sacerdotale et les freins à la dynamique missionnaire ». La sécularisation, l’isolement, l’activisme, la perte du sens spirituel, les abus des ministres sacrés, tels sont les défis et les obstacles que doit relever le missionnaire dans la société contemporaine. Bien évidemment, ces obstacles se surmontent par le retour à la source de la grâce du sacrement, la vie de prière et la fraternité sacerdotale.
Enfin, le dernier enseignement portait sur « la redynamisation de la mission du prêtre dans l’Église ». Le Père Colbert concluait ainsi ses enseignements en reliant l’appel missionnaire à l’année jubilaire qui est un temps de renouveau et de conversion. Dans cette logique de redynamisation, la Vierge Marie est présente comme la première en chemin et le modèle du disciple missionnaire qui incarne la dynamique de la Visitation : porter l’espérance du Christ aux autres et servir dans la charité.
