CERCLE DE REFLEXION THEOLOGIQUE AU GRAND SEMINAIRE SUR LE THEME : « EGLISE ET GÉOPOLITIQUE »
Le lundi 04 Mai dernier a eu lieu dans notre grand séminaire un Cercle de Réflexion Théologique au tour du thème : « Eglise et Géopolitique ». Sous la coordination du Père Timothée OUWE, professeur de Doctrine sociale de l’Eglise et la supervision du Père Simon Pierre MBEM MAYI, il a consisté en une série de trois exposés présentés respectivement patr les étudiants Pierre MEINRHAD HEBGA (Théo III), Stève Loïc NKWENGA (Théo IV) et Christian Magloire SONGLA (Theo II) tandis que George GBATOKOU était le présentateur. Ce moment d’échange a été ouvert par la prière et le teneur des exposés est rapporté dans les lignes qui suivent.
Le contexte mondial est marqué par des fractures, fissures ainsi que des blessures des tensions humaines et sociales qui rendent la sphère internationale incertaine. Face à cette situation d’inconformité générale et tendu, la réflexion vise à mettre en lumière la place de l’Eglise dans le concert international où le désordre structurel se déploie au fil des jours. Ainsi, trois parties majeures ont meublés cette réflexion.
Dans un premier temps, il a été question de faire un éclairage conceptuel et une topique historique sur le déploiement de la géopolitique ecclésiale par l’étudiant Pierre MEINRHAD HEBGA (Théo III). Ainsi la géopolitique désigne entre autre l’étude des relations entre pouvoir et territoire. L’Eglise est en revanche sacrement universel du salut (Cf L.G 1). L’inscription de l’action géopolitique ecclésiale dans une longue pratique et action vétérotestamentaire, néotestamentaire, patristique et même historique témoigne d’une évidence, si le discours ou encore l’action de l’Eglise sur le terrain de la géopolitique semble nouveau, la réalité qu’elle décrit n’est pas nouvelle. Quoiqu’il en soit, la géopolitique de l’Eglise illustre de la capacité d’une institution religieuse à s’inscrire de façon durable dans les enjeux de pouvoir et transformations du monde.
Deuxièmement, il était question de fonder la légitimation de l’intervention de l’Eglise et de spécifier la géopolitique ecclésiale, exposé présenté par l’étudiant Stève Loïc NKWENGA (Théo IV). Cette légitimité se fonde sur l’incontestable compétence de l’Église pour juger si les bases d’une organisation sociale donnée sont conformes à l’ordre immuable des choses que Dieu, Créateur et Rédempteur, a manifesté par le droit naturel et la Révélation. Ainsi, trois moments fondent cette légitimité de l’Eglise notamment ; la Seigneurie de Dieu, le rapport de Jésus face à l’autorité politique et l’exemple des premières communautés chrétiennes. Il y a donc des principes sacro-saints qui guident la géopolitique de l’Eglise : primat de la loi morale, la vérité dans les rapports des États, justice, solidarité, liberté, aspiration contemporaine à la paix. La géopolitique de l’Eglise se déclinent se déclinent donc à un éveil de conscience pour la promotion du genre humain.
La troisième partie, présentée par Christian Magloire SONGLA (Theo II), était axée sur l’organisation et la stratégie de la géopolitique ecclésiale. Il faut souligner que l’Eglise a deux dicastères stratégiques qui œuvrent dans ce domaine ; la secrétairerie d’État du Vatican et le dicastère pour le service du développement humain et intégral. Dans les multiples sections de la secrétairerie d’État, la section pour les relations avec les États depuis la deuxième Guerre mondiale le bras diplomatique du Vatican. Durant ladite Guerre, cette section avait pour mission avec les régimes communistes afin d’assurer la survie de l’Eglise. Ainsi l’Eglise a pu avoir les accords avec la Hongrie, la Yougoslavie et bien d’autres. Par ailleurs, le dicastère pour le service du développement humain intégral, institué le 17 août 2016 par le pape François figure donc comme une instance diplomatique majeure du Vatican. Il œuvre ainsi pour l’affirmation de la dignité humaine dans tous les domaines. Il se déploie dans les questions migratoires, écologiques et biens d’autres. Ce dicastère œuvre aux alentours de dignité, santé, paix et justice. Au Cameroun, il œuvre dans le NOSO face à la crise, au Nord avec Boko-Haram et dans les questions de gouvernance et de pauvreté.
Par la suite, les exposés ont laissé place à une série de question, d’échanges et de contributions. Le mot du Recteur nous a rappelé que bien que l’Eglise ne fasse pas de politique, le rôle du prêtre est non seulement d’annoncer la Parole de Dieu, mais aussi de ne pas rester insensible chaque fois que la dignité humaine et les principes qui fondent la justice sont menacés. Cet échange fructueux a été clôturé par la prière finale dite par le Père spirituel de notre maison de formation.
