QUATRIÈME DIMANCHE DE PÂQUES : 26 AVRIL 2026
Méditation du Psaume 23(22), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6.
Père, Père, Père, dors-tu ? C’est encore moi, le fils de ta veuve qui te doit tout. Réveille-toi, je veux qu’on parle. Je suis « foule ». Les pleurs et la clameur des douleurs de mes frères et sœurs enflamment mon âme de peur. Père, te réveilleras-tu ce soir, pour combler enfin notre espoir de te revoir même dans nos noirs qui parlent de tout sauf de toi ? À l’heure où le jour décline et où les bruits s’effacent, je viens à Toi, avec ce Psaume pour illuminer cette nuit. Je dépose à Tes pieds ce « moi » que j’ai porté toute la journée, avec ses tensions, ses manques et ses urgences ; ce « moi » qui est devenu « foule ». Au début de cet échange, je dépose mes sécurités et mes fiertés qui ruinent mes tranquillités afin de mieux contempler ton éternité car tu es mon Berger.
Seigneur, quelle allégresse de savoir que « sur des prés d’herbe fraîche, tu me fais reposer ». Alors que l’incertitude du pain de demain inonde mon cœur de chagrin, la promesse de ton herbe fraîche arrive comme une divine Messe. Je m’abandonne au silence que Tu m’offres dans mes errances. Comme la brebis se couche sans crainte sous le regard de son pasteur, je laisse Tes « eaux tranquilles » laver mes désillusions, mes trahissions et mes abandons. Par la bouche du Psalmiste tu me demandes de ne plus agir, courir et m’investir ; Tu m’appelles simplement à me reposer sous l’ombre de mon Berger, toi ma seule sécurité.
« Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » L’obscurité de la nuit réveille parfois les gouffres de l’âme, les peurs de l’avenir ou le poids des absences. Mais ce soir, le noir n’est plus un temps d’effroi. Il est le sanctuaire de Ta présence la plus intime. Je ne crains rien, car dans ce noir absolu, Tu ne m’expliques pas la route, Tu me tiens la main. Ton bâton est l’appui de ma foi. Je m’abandonne à l’invisible, acceptant de ne pas voir ni savoir le chemin, pourvu que je sente Ton souffle à mes côtés toi mon Divin.
« Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis. » Merci mon Roi, cette parole raisonne comme un réconfort quand les forts programment mon sort loin de ton décor ; toi qui rien n’ignore. Moi qui suis indigne, tu me convis à ton banquet malgré mes compassions choisies, mes fraternités calculées, mes indifférences sournoises, mes silences approbateurs et mes regards inquisiteurs. Pourtant, Tu m’invites à Ton festin de pardon. Tu oins ma tête du parfum de Ta tendresse, apaisant les brûlures de mes regrets. Ma coupe déborde d’une gratitude muette : celle de l’enfant qui se sait aimé malgré ses bassesses qui blessent. Ma table est dressée dans le secret de mon cœur, là où rien ni personne ne peut troubler notre divine communion.
Heureusement tu me rassures que « grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie. » Je ferme les yeux avec cette certitude que je marche sur tes parvis, toi mon intime Ami. Ta grâce ne s’endort pas : elle est la sentinelle de ma vie. Désormais je vie non pas dans l’oubli, mais dans la confiance que Dieu n’est jamais en retard. Amen.
Par Arron MBONGUE MUNYA
Théologie 4ème Année
