MONITION DE JEUDI SAINT

MONITION DE JEUDI SAINT

Bien-aimés dans le Seigneur, en cette nuit sainte où l’Église fait mémoire de la Cène du Seigneur, nous sommes introduits dans le cœur même de l’économie du salut.

La Parole de Dieu déclinée dans l’Évangile de Jean, en lieu et place du récit institutionnel synoptique, nous révèle le geste du lavement des pieds comme herméneutique vivante de l’Eucharistie : Jésus, sachant que le Père lui a tout remis, se lève de table et s’agenouille devant ses disciples ; manifestation souveraine de l’agapè trinitaire qui se donne sans retenue ni condition. En cet acte, le Verbe incarné révèle que le service humble et désapproprié est la forme visible de l’amour divin en ce monde.

Frères et sœurs, laissons-nous donc saisir au cours de cette célébration par la grandeur de ce mystère : l’Eucharistie n’est pas seulement un rite commémoratif, mais l’acte par lequel le Seigneur continue de se donner en nourriture pour la vie du monde, nous configurant à sa propre forme d’existence, celle d’un amour qui se fait service, d’une gloire qui se révèle dans l’abaissement.
 

Première lecture :

Le livre de l’Exode en son chapitre 12, versets 1 à 8 puis versets 11-14, nous transporte aux origines de la Pâque d’Israël : le sang de l’agneau aspergé sur les linteaux des portes est, pour Dieu, un signe de salut, un acte fondateur par lequel Il arrache son peuple à la servitude.
 

Deuxième lecture :

Saint Paul  dans sa première lettre aux Corinthiens au chapitre 11, versets 23 à 26,   nous transmet avec une autorité apostolique explicite le récit de l’institution eucharistique, en soulignant que cette tradition vient du Seigneur lui-même : dans le pain rompu et dans la coupe partagée, c’est la mort kénotique du Christ qui est annoncée et actualisée, « jusqu’à ce qu’il vienne ».