Autres activités du séminaire
Au Grand Séminaire Saint Paul VI de Douala – Nkong-Bodol, la formation ne se limite pas seulement aux dimensions intellectuelle, morale et spirituelle ; bien au contraire, elle s’étend aussi à la dimension humaine qui est d’après la Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, « la base nécessaire et dynamique de toute la vie presbytérale »[1]. C’est dans l’optique de mieux articuler cette dimension importante de la formation que notre séminaire offre aux candidats au sacerdoce des espaces d’expression comme le travail manuel et les activités sportives qui, loin d’être des moyens pour remplir le temps, sont des lieux de construction d’une humanité bien structurée. Dans les lignes qui suivent, nous allons à la découverte du travail manuel et des activités sportives au Village de l’Espérance (entendez par là le séminaire saint Paul VI de Douala).

I. LE TRAVAIL MANUEL AU GRAND SÉMINAIRE SAINT PAUL VI DE DOUALA : ENTRE FORMATION INTÉGRALE ET ENGAGEMENT CONCRET
À Nkong-Bodol, le Village de l’Espérance, le travail manuel, en tant qu’expression de la dignité humaine, trouve son origine dans la conviction chrétienne que l’homme a été créé pour travailler (cf. Gn 2, 15). Dans ce contexte, il est important de rappeler la Règle de Saint Benoît, fondateur de l’ordre bénédictin, qui a toujours insisté sur l’équilibre entre prière, travail intellectuel et travail manuel. Dans cette Règle, il écrit : « Ora et labora » (prie et travaille). Cette devise résume parfaitement l’importance d’un travail équilibré dans la vie chrétienne en général et dans la formation des candidats au sacerdoce en particulier. Ainsi, puisque l’objectif est de donner au séminariste une formation intégrale qui touche toutes les dimensions de son être, le travail manuel est donc un antidote précieux à l’abstraction intellectuelle et à toute forme d’ascèse qui pourraient avoir tendance à couper le séminariste des préoccupations matérielles. Il permet de renouer avec la dimension corporelle de l’existence, de valoriser la créativité manuelle et de développer le sens pratique. Ce n’est pas une manière de diluer la dimension spirituelle, puisque nous ne dissocions pas le travail manuel de la prière. Il est en quelque sorte un prolongement de la prière, car il est accompli avec la conscience de la présence de Dieu dans toutes les choses. De ce fait, le travail manuel devient alors une manière de sanctifier les heures de la journée et de ne jamais perdre de vue le but ultime de la vie chrétienne : l’amour de Dieu et du prochain.
Voilà le cadre général à l’intérieur duquel il faut percevoir le travail manuel dans la communauté du grand séminaire saint Paul VI de Douala. Voyons à présent comment ce point essentiel de la vie communautaire s’articule de façon concrète.
D’emblée, il est important de préciser que le Grand Séminaire Saint Paul VI de Douala s’étend sur une superficie d’environ 12 hectares acquis depuis son installation sur ce site. Cependant, il faut souligner qu’en 2023 le séminaire a reçu par leg testamentaire un espace de 2 hectares logé à pk 28, non loin du séminaire, ce qui porte son patrimoine immobilier à environ 14 hectares. Ceci dit, l’organisation du travail manuel dans notre maison vise une viabilisation de tout cet espace, partant des bâtiments jusqu’aux plantations. Cette organisation du travail repose sur une équipe d’étudiants chargés des travaux, qui définissent les priorités en concertation avec l’équipe des doyens et le recteur. De ce fait, chaque séance de travail manuel touche les secteurs suivants:
Travaux de rénovation et d’entretien des bâtiments (dortoirs, bloc académique, chapelle, bibliothèque) : c’est une charge qui permet aux séminaristes de contribuer à l’amélioration de leur cadre de vie en renforçant chez eux le sens du beau.
Jardinage et entretien des espaces verts: cette charge permet aux séminaristes de se reconnecter à la nature, de l’embellir et de produire des fruits pour la communauté.
Menuiserie et maçonnerie: ce sont généralement des travaux de bricolage qui permettent aux séminaristes de développer des compétences pratiques et de réaliser des projets concrets pour le séminaire. Dans ce sens, il faut féliciter la construction de la porcherie et de la ferme du séminaire assurée à 80 % par les séminaristes.
Agriculture et élevage : ce sont des charges très importantes pour la communauté dans la mesure où elles constituent un apport non négligeable pour le séminaire. L’espace cultivé du séminaire s’étend sur environ 8 hectares dont 5 hectares pour la palmeraie (qui produit en moyenne 2000 litres d’huile végétale par an) ; et 3 hectares pour la culture des bananes-plantains, patates, maïs. Quant à l’élevage, nous avons une porcherie en pleine croissance grâce au travail des étudiants et dont la production s’estime actuellement à environ 100 porcs.
II. LE SPORT : PROLONGEMENT DE LA FORMATION THÉOLOGIQUE AU GRAND SÉMINAIRE SAINT PAUL VI DE DOUALA
L’un des principes fondamentaux de la vie chrétienne et, par extension, de la formation au sein du Grand Séminaire saint Paul VI de Douala, est l’équilibre entre le corps et l’esprit. Le corps n’est pas une simple carapace qui porte la vie, mais le temple de l’Esprit Saint à travers lequel l’homme doit rendre gloire à Dieu (cf. 1 Co 6, 19-20). Ainsi, pour le séminariste, prendre soin de son corps par des activités physiques régulières est une manière de respecter cette création de Dieu et de répondre à son appel. Vers la fin du Ier siècle, le poète romain Juvénal dans ses Satires avançait déjà la célèbre formule « Mens sana in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain), pour souligner l’importance de l’exercice physique pour le bien-être psychologique et spirituel. Au Village de l’Espérance, le sport n’est donc pas une simple distraction et ne vise pas seulement le développement physique ; bien au contraire, c’est un espace de formation humaine visant l’acquisition des qualités essentielles au ministère sacerdotal à savoir : l’esprit d’équipe et de solidarité, la discipline et le dépassement de soi.
C’est donc pour permettre aux séminaristes d’acquérir toutes ces qualités que le séminaire saint Paul VI de Douala met à leur disposition un complexe sportif qui s’étend sur une superficie d’environ 1 hectare et qui abrite des terrains de football, volleyball, basketball, handball et pingpong. C’est donc une variété de disciplines sportives qui est proposée aux étudiants afin que personne ne se sente exclu. Pour agrémenter ces moments de sport, des compétitions sont organisées au cours de l’année académique. L’année sportive s’ouvre toujours par une confrontation entre les anciens et les nouveaux étudiants de la maison dont l’objectif est de souhaiter la bienvenue à ces derniers. S’en suivent le championnat inter-promotion et le tournoi baptisé festi-noël qui s’achève à la veille du départ en congé de noël. Le second semestre était jusqu’ici marqué par le championnat inter-bâtiment qui depuis cette année est devenu la coupe du recteur, avec des équipes placées sous le patronyme de tous les autres formateurs permanents, lesquels sont à la fois accompagnateurs et joueurs de leurs équipes respectives. L’ambiance qui caractérise nos rencontres sportives est donc importante dans la mesure où elle permet à chaque étudiant de canaliser ses énergies, de se détendre et de trouver un équilibre émotionnel essentiel pour la prière et la réflexion.
Voilà ainsi présentés le travail manuel et le sport au séminaire saint Paul VI de Douala, la pépinière sacerdotale de la province ecclésiastique de Douala.
